Barillet de boîte aux lettres : l'identifier et le changer
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Barillet de boîte aux lettres : l'identifier et le changer

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Le barillet de boîte aux lettres est une petite serrure à came : un corps cylindrique qui traverse le portillon, serré au dos par un écrou, et dont la came pivote derrière le cadre pour verrouiller la case. Le remplacer demande trois relevés (diamètre, longueur, forme de la came), une petite clé de serrage et un portillon ouvert.

Barillet de boîte aux lettres : une serrure à part

Rien à voir, ou presque, avec le canon d’une porte d’entrée, ce cylindre en forme de huit logé dans un corps de serrure, dont les cotes sont détaillées dans le guide du cylindre de serrure. Le barillet d’une boîte aux lettres travaille seul : entrée de clé, mécanisme et verrou à la fois.

Sa construction tient en quatre pièces. Un corps fileté, souvent en zamak ou en laiton chromé, traverse la tôle et porte une collerette côté façade. Un rotor tourne à l’intérieur dès que la bonne clé aligne ses paillettes. À l’arrière, une came d’acier vissée en bout de rotor pivote avec lui et vient se placer derrière le bord du cadre. Un écrou, enfin, plaque l’ensemble contre la tôle.

Le trou du portillon porte souvent un ou deux méplats, ces parties droites découpées dans le rond qui empêchent le corps de tourner sur lui-même. La clé, plate et courte, commande un verrou modeste, pensé contre la curiosité et le vol d’opportunité plutôt que contre une attaque outillée. Revers positif : la pièce coûte peu et se change sans démonter la boîte.

Les relevés à faire avant d’acheter

Décrire la boîte au vendeur ne mène pas loin : seules comptent les mesures de l’ancien barillet, prises au pied à coulisse une fois la pièce sortie de son logement.

Le corps : diamètre, longueur, découpe

Trois cotes décident de la compatibilité du barillet de rechange :

  • le diamètre du corps, pris sur le filetage et non sur la collerette ;
  • la longueur sous collerette, assez grande pour engager l’écrou puis la came derrière la tôle ;
  • la forme du trou : rond, à un méplat ou à deux méplats opposés.

Dans un ensemble collectif, la finition de façade, chromée, laitonnée ou noire, compte aussi pour garder un aspect homogène.

Main tenant un barillet de boîte aux lettres neuf au corps chromé et à came plate en acier

La came : forme, longueur, sens

Une came droite, dite aussi plate, reste dans le plan du portillon et convient quand le cadre se trouve juste derrière la tôle. Une came coudée dessine un décrochement pour atteindre un bord placé plus en retrait. Sa longueur, de l’axe du rotor à son extrémité, doit recouvrir franchement le cadre sans frotter contre la paroi.

Reste le sens de rotation : vu de face, le verrouillage se fait vers la gauche ou vers la droite, depuis une position de départ verticale ou horizontale. Beaucoup de modèles dits universels acceptent plusieurs positions de came grâce à un carré en bout de rotor, d’autres un seul sens. Photographier la came portillon fermé, avant tout démontage, évite la plupart des retours en magasin.

La fixation : écrou ou agrafe

La plupart des barillets se serrent par un écrou hexagonal. D’autres tiennent par une agrafe en acier glissée dans une gorge du corps, plus rapide à poser mais moins tolérante sur l’épaisseur de tôle. Le modèle neuf reprend de préférence le même principe.

Changer le barillet ou refaire une clé

Le remplacement n’est pas toujours le bon réflexe :

  • une clé égarée, un double encore en main : une reproduction règle le problème ;
  • plus aucune clé : la copie devient impossible, le changement s’impose ;
  • une arrivée dans un logement : personne ne sait combien de clés ont circulé, et une pièce neuve remet les compteurs à zéro pour un coût modeste ;
  • un départ : les clés de la boîte se rendent avec celles de la porte ;
  • une panne franche : rotor qui tourne dans le vide, came cassée, corps qui pivote dans son trou.

Pour la porte du logement, les cas où mieux vaut remplacer toute la serrure obéissent à d’autres critères.

Sur la Côte d’Opale, les boîtes posées sur un pilier de portail ou dans une clôture encaissent embruns et pluie poussée par le vent. Le rotor grippe, la came rouille, l’écrou se soude au filetage. Un nettoyage à sec suivi d’une touche de lubrifiant sec, avant les coups de vent d’automne, prolonge le mécanisme ; quand la clé ne tourne plus, un corps en laiton ou en inox tiendra mieux que l’ancien zamak.

Démontage et pose, étape par étape

Pièces d’un barillet de boîte aux lettres neuf alignées dans l’ordre de montage à côté d’une petite clé à molette

Portillon ouvert, le changement se règle en quelques gestes simples, avec une clé plate ou à molette, un petit tournevis et, au besoin, une pince.

  1. Ouvrir le portillon et laisser la clé engagée.
  2. Photographier la came côté intérieur.
  3. Dévisser la came en bout de rotor et la mettre de côté.
  4. Desserrer l’écrou de fixation au dos du portillon en retenant la collerette.
  5. Sortir l’ancien barillet par l’avant.
  6. Présenter le neuf, méplats alignés sur la découpe, et visser l’écrou à la main.
  7. Remonter la came dans la position photographiée.
  8. Bloquer l’écrou sans excès, puis manœuvrer la clé plusieurs fois avant de refermer.

Un serrage trop appuyé voile la tôle mince, et le portillon frotte ensuite contre son cadre.

Remonter la came dans le bon sens

L’erreur classique : une came remontée à l’envers, qui passe à côté du cadre ou bute à mi-course et force le rotor. Le contrôle se fait portillon ouvert, clé tournée en position fermée : la came doit arriver exactement en face de son point d’appui sur le cadre. Si le nouveau barillet tourne dans l’autre sens, certains modèles se règlent en retournant la came ; sinon, mieux vaut changer de référence que forcer.

Sans la clé, portillon fermé

Sans clé, l’écrou reste hors d’atteinte derrière la tôle et l’ouverture passe par la destruction du rotor. Ce travail revient à un professionnel ou, pour un ensemble collectif, au gestionnaire de l’immeuble. Les réflexes à connaître avant de faire venir un dépanneur figurent dans la rubrique ouverture et dépannage.

Boîtes aux lettres normalisées et passage du facteur

D’après le résumé publié par l’AFNOR, la norme NF D27-404, dans son édition de décembre 2014 en vigueur, vise les boîtes aux lettres à ouverture totale installées à l’intérieur des habitations, et la NF D27-405, de même date, celles posées à l’extérieur. Ces boîtes y sont dites obligatoires pour les habitations dont la demande de permis de construire a été déposée après le 1er juillet 1979, en vertu d’un arrêté du 29 juin 1979.

Le principe de l’ouverture totale figurait déjà dans le résumé de l’édition d’origine de la norme : un système d’ouverture approprié donne au distributeur l’accès à toute la capacité de la case. Le barillet de l’occupant et ce dispositif forment donc deux mécanismes distincts. Changer le premier laisse le second intact, tant que la came neuve reprend la longueur et la position de l’ancienne.

En pratique, trois règles de bon sens :

  • aucun trou supplémentaire ni verrou ajouté sur la façade d’une boîte normalisée ;
  • dans un ensemble collectif, un barillet de la même famille que les cases voisines ;
  • un portillon voilé ou une came qui frotte corrigés aussitôt, avant de gêner la distribution.

Location, copropriété : qui change le barillet

Deux petites clés plates neuves en laiton posées sur un paillasson brun devant une porte d’appartement fermée

En location, la fiche de service-public.gouv.fr sur l’entretien courant et les réparations locatives, vérifiée le 21 mai 2025, met à la charge du locataire le remplacement des petites pièces des serrures et des clés égarées ou abîmées, sur la base du décret n° 87-712 du 26 août 1987. La boîte aux lettres n’y figure pas en propre, mais la logique se transpose : une clé perdue par l’occupant reste à ses frais, qu’il fasse refaire la clé ou changer le barillet.

La fiche sur les travaux à la charge du propriétaire, vérifiée le 28 mai 2025, ajoute que les réparations locatives occasionnées par la vétusté ou la force majeure reviennent au propriétaire. Un barillet usé par des années de service relève donc plutôt du bailleur ; le bail et l’état des lieux tranchent les cas limites.

En copropriété, la fiche consacrée au règlement de copropriété, vérifiée le 8 juillet 2026, rappelle que ce document désigne les parties privatives et les parties communes et fixe leurs conditions d’utilisation. Dans de nombreux immeubles, l’ensemble collectif relève des parties communes et chaque occupant change le barillet de sa case à ses frais, après avoir prévenu le syndic ou le gardien pour conserver un modèle cohérent.

Questions fréquentes

Comment changer le barillet d’une boîte aux lettres sans la clé ?

Sans clé, l’écrou de fixation reste inaccessible derrière le portillon fermé. La seule issue consiste à détruire le rotor pour ouvrir la case, à retirer les restes, puis à poser un barillet neuf aux mêmes cotes. Ce travail revient à un serrurier ou, dans un immeuble, au gestionnaire de l’ensemble collectif, qui s’assure d’abord que la demande émane bien de l’occupant de la case concernée.

Qui paie le barillet de boîte aux lettres d’un logement loué ?

Tout dépend de la cause. Une clé perdue ou abîmée par l’occupant relève de l’entretien courant, donc du locataire, selon la liste des réparations locatives reprise par service-public.gouv.fr. Un barillet hors d’usage par vétusté ou par force majeure revient au propriétaire. Entre les deux, le bail, l’état des lieux d’entrée et l’âge de la pièce servent d’arbitres, et un échange écrit avant l’intervention évite tout désaccord au départ.

Un barillet universel s’adapte-t-il à toutes les boîtes ?

Pas toujours. Le terme désigne surtout un barillet livré avec plusieurs cames, droites et coudées, montables dans différentes positions. Le diamètre du corps, sa longueur et la forme du trou, rond ou à méplats, restent en revanche fixes. Mesurer l’ancien barillet et comparer ces trois cotes avec la fiche du modèle avant l’achat reste la méthode la plus sûre pour éviter un retour en magasin.